

L’engagement de l’ECLJ pour les chrétiens d’Algérie continue
Du 13 au 15 avril 2026, le pape Léon XIV effectuait une visite historique en Algérie, premier séjour pontifical dans ce pays à majorité musulmane. L’ECLJ a saisi cette occasion pour mener une séquence médiatique nourrie pour alerter sur la situation des chrétiens du pays, et continue de porter le sujet dans les institutions.
En Algérie, les chrétiens font l’objet d’une répression systématique. Fermetures d’églises, discrimination institutionnelle, poursuites judiciaires fondées sur des lois abusives réprimant le prosélytisme, le blasphème ou simplement l’exercice normal du culte: les témoignages dignes de foi sont nombreux. Le 2 mai 2024, le pasteur Youssef Ourahmane, vice-président de l’Église protestante d’Algérie, était condamné en appel à de la prison ferme pour avoir «célébré un culte non autorisé».
Le gouvernement reproche aux chrétiens de contredire une identité nationale officielle, définie comme exclusivement arabe et islamique. Djamila, Monique et Kousseila, convertis au christianisme et d’origine algérienne, en ont témoigné sur RCF. Lors de la visite du pape en Algérie, nous avons souhaité faire entendre cette réalité que le faste de l’événement risquait d’occulter, bien éloignée de l’image que les autorités ont voulu projeter.
À l’occasion de la visite pontificale, l’ECLJ a publié un rapport consacré à «l’oppression des chrétiens d’Algérie». Celui-ci s’appuie sur des témoignages recueillis auprès d’historiens, de diplomates, mais surtout de chrétiens algériens, certains restés sur place, d’autres contraints à l’exil en raison de leur foi.
Afin de sensibiliser un large public à la situation des chrétiens d’Algérie, l’ECLJ est intervenu sur plusieurs plateaux télévisés (CNews: 100% politique, En quête d’esprit, Face à l’info, Terres de mission) et à la radio (Radio Courtoisie: Libre journal des lumières de l’espérance, Ligne droite, mais aussi sur Europe 1).
Les analyses de l’ECLJ ont été relayées par de nombreux médias écrits, parmi lesquels Paris Match, La Nef, Valeurs actuelles, ou encore France Catholique. Le rapport a également été repris à l’étranger, notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Espagne, ou encore en Allemagne, témoignant d’un retentissement international.
Afin de mobiliser un large éventail d’acteurs en faveur des chrétiens d’Algérie, l’ECLJ a également pris l’initiative d’une tribune collective publiée dans le JDD. Cette tribune a rassemblé plus de trente signataires, juristes, responsables politiques, experts des droits de l’homme, journalistes, philosophes, écrivains et chrétiens algériens, appelant les autorités françaises et européennes à agir pour la défense des chrétiens d’Algérie. Parmi les signataires figurent notamment Boualem Sansal, Noëlle Lenoir, le député européen Nicolas Bay et le directeur de l’ECLJ Grégor Puppinck.
Si la visite de Léon XIV n’a pas entraîné d’amélioration visible de la situation des chrétiens, elle semble avoir ouvert une fenêtre de dialogue entre la France et l’Algérie. L’ambassadeur de France a regagné son poste, et le défilé ministériel se poursuit: Gérald Darmanin, garde des Sceaux, et Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, s’y sont tous les deux récemment rendus. Avec la question des libertés fondamentales en ligne de mire: au sein des échanges diplomatiques figure notamment la libération de Christophe Gleizes. La Commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Šuica, y a également effectué une visite officielle les 4 et 5 mai 2026.
Dans ce contexte, l’ECLJ n’entend pas relâcher la pression et poursuit son travail de plaidoyer auprès des institutions internationales. Le 18 mars 2026, l’ECLJ a porté la question des chrétiens d’Algérie devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à l’occasion d’une conférence organisée en marge de sa 61e session. Nous continuons de mobiliser tous les organes pertinents de cette institution, afin d’obtenir une pression internationale durable sur les autorités algériennes.
Le travail de sensibilisation mené par l’ECLJ trouve également un écho au niveau européen. Le 16 avril 2026, sept députés européens ont adressé une question parlementaire à la Commission, rappelant que «les autorités algériennes portent atteinte de façon récurrente aux droits fondamentaux». Ils demandent donc l’activation des mécanismes prévus par l’accord d’association UE-Algérie en cas de violations des droits de l’homme. Le 5 mai, la haute représentante pour les Affaires étrangères Kaja Kallas a répondu que l'UE «suit de près l'évolution de la situation», et que «la liberté de religion ou de conviction a systématiquement été abordée» lors des échanges réguliers qu’elle a avec les autorités algériennes. L’UE n’entend cependant pas activer les mécanismes prévus dans l’accord d’association.
Après avoir contribué à faire émerger la question des chrétiens d’Algérie dans le débat médiatique, l’ECLJ poursuit désormais son action, entre plaidoyer international et soutien aux victimes. Notre objectif demeure inchangé: permettre aux catholiques et aux évangéliques d’Algérie de vivre librement leur foi et d’exercer leur culte sans crainte.