
Ce mardi 3 mars 2026, Sœur Agnès, médecin des Petites sœurs des pauvres, s’est exprimée devant le Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction aux Nations unies à Genève, pour défendre l’objection de conscience des établissements confessionnels de santé face à l’euthanasie.
En effet, la «proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir» adoptée par l’Assemblée nationale le 25 février 2026 prévoit que tous les établissements de santé seront forcés de permettre l’euthanasie en leur sein. C’est une atteinte à la liberté de religion des personnes qui s’associent pour un projet éthique, philosophique ou confessionnel fondamentalement opposé à l’idée de donner la mort. Les Petites sœurs des pauvres et d’autres congrégations catholiques œuvrent depuis des siècles à l’accompagnement des malades et ne devraient pas être obligées de renier les commandements de Dieu et leur serment d’Hippocrate pour poursuivre leur œuvre.
Grégor Puppinck, directeur de l’ECLJ a également accompagné Sœur Agnès ce même jour dans différents rendez-vous aux Nations unies, notamment auprès du nonce apostolique à Genève, Mgr Ettore Balestrero et auprès de la Rapporteur spécial de la liberté de religion afin de les informer de toutes les conséquences de la loi si elle était définitivement adoptée.
Voici ce que Sœur Agnès a déclaré durant cette 61e session régulière du Conseil des droits de l’homme dans le cadre d’un dialogue interactif avec le Rapporteur spécial de liberté de religion ou de conviction:
Madame le Rapporteur,
Je suis venue ici pour vous alerter et demander votre aide.
Je suis religieuse de la congrégation des « Petites Sœurs des Pauvres ».
Je m’exprime ici au nom des congrégations catholiques françaises qui ont fondé et dirigent des hôpitaux et des maisons de retraites.
Notre mission est de prendre soin des pauvres, des personnes âgées, des malades, des personnes porteuses de handicaps, des plus vulnérables.
Or, une loi actuellement en discussion en France prévoit de légaliser l’euthanasie, selon une procédure permissive, expéditive et répressive.
Elle prévoit aussi de contraindre tous les établissements religieux à accepter la pratique de l’euthanasie en leur sein, sur leurs patients et résidents.
Elle prévoit même de nous condamner à 2 ans de prison et à 30 000 euros d’amende si nous refusons l’euthanasie et le suicide assisté. Toute personne qui voudrait convaincre un proche de ne pas recourir à l’euthanasie encoure la même peine.
Mme le Rapporteur, nous voulons continuer à accueillir, soigner, accompagner la vie jusqu’à sa fin naturelle avec douceur et compassion. Nous voulons soulager la souffrance, y compris celle qui fait demander à mourir, mais nos mains ne tueront pas, même si nous devons être condamnées pour cela.
Mme le Rapporteur, vous le savez, une telle condamnation pénale pour notre refus de l’euthanasie serait une grave violation de notre liberté de religion, garantie en droit européen et international.
Nous vous en prions, intervenez auprès du Gouvernement français pour qu’il respecte la vie humaine et notre liberté.
Je vous remercie.
L’ECLJ est activement engagé contre la légalisation de l’euthanasie en France et dans le monde. Nous avons notamment publié une analyse détaillée de la proposition de loi française et tous les problèmes qu’elle soulève: lire l’article.
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