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Liberté d’expression en Algérie : l’affaire de l’islamologue Saïd Djabelkhir

Algérie : l’affaire Saïd Djabelkhir

Par ECLJ1643881487957

Attaché à la liberté d’expression en matière religieuse, l’ECLJ prend la défense de l’islamologue algérien Saïd Djabelkhir, condamné le 21 avril 2021 à une peine de trois ans de prison et à une amende de 50 000 dinars pour « offense à l'islam » et « dénigrement du dogme » et « des préceptes de l'islam » en vertu de l'article 144 bis 2 du Code pénal algérien réprimant le blasphème. En cause : l'affirmation, par ce docteur en philosophie, que certaines pratiques musulmanes seraient antérieures à l'islam et d'origine païenne, et que le contenu du Coran et des hadiths n'auraient pas la valeur d'une science exacte.

 

Mis en cause par des experts des Nations unies, le Gouvernement algérien s’est défendu en invoquant la fameuse affaire E.S. c. Autriche du 25 octobre 2018 par laquelle la Cour européenne des droits de l’homme avait validé la condamnation d’une conférencière autrichienne pour avoir évoqué la pédophilie de Mahomet (voir notre article dans Valeurs actuelles : Comment l’Algérie s’appuie sur la CEDH pour justifier sa répression du blasphème, et notre émission spéciale sur RCF).

Cette affaire est importante car pour la première fois, dans les prochaines semaines, la Cour constitutionnelle algérienne se prononcera sur la conformité à la Constitution de la pénalisation du blasphème et, à travers elle, sur les limites religieuses portées aux libertés d'expression et de recherche scientifique en Algérie. Elle intervient alors que la liberté de conscience a été supprimée de la Constitution algérienne en 2020. C'est donc l'heure de vérité pour la justice constitutionnelle algérienne qui entame ses premiers contrôles de constitutionnalité des lois a posteriori. 

Pour sensibiliser l’opinion publique à cette affaire importante, l’ECLJ a cosigné une tribune dans Le Figaro « Pour l'acquittement de Saïd Djabelkhir et la liberté scientifique en Algérie » rassemblant 19 personnalités internationales. Cette tribune a été reprise et commentée dans plusieurs journaux algériens, notamment Barlamane et Algérie Part Plus. L’ECLJ a aussi adressé un mémoire à la Cour constitutionnelle algérienne en défense de la liberté d’expression en matière religieuse.

Il s’agit d’une affaire phare pour les libertés fondamentales et la construction de l’État de droit en Algérie. Son issue déterminera si l’Algérie prendra le parti de la démocratie et de la liberté face à l’islamisme. L’Algérie est un pays voisin de l’Europe, concerné par la politique de voisinage de l’Union européenne, pays source d’immigration important où les libertés fondamentales, en particulier la liberté de conscience et de religion, sont niées ou mises à mal dans l’indifférence des autorités européennes. Les citoyens algériens convertis au christianisme font face à une persécution à la fois étatique et sociale : étatique par la pénalisation de l’évangélisation et le refus de délivrer des autorisations pour la pratique du culte dans des édifices spéciaux ; sociale : par les nombreuses formes de discrimination, d’ostracisme, d’intimidations, de menaces à leur intégrité physique et morale dans la société, y compris parfois par des membres de leurs familles.

L’Algérie a supprimé la liberté de croyance de sa Constitution en 2020 et a procédé à de nombreuses fermetures administratives d’églises autochtones après avoir longtemps toléré leur ouverture sans autorisation officielle et expresse. En Algérie, le Code du statut personnel, pièce essentielle du droit de la famille, est encore dominé par le droit musulman. Cette survivance du droit musulman dans le droit positif algérien cause la déchéance des droits civils des citoyens algériens ex-musulmans ou enfants de parents ex-musulmans. Ils perdent par exemple leur droit à l’héritage, leurs successions, leur droit au mariage et l’accès à des postes de la fonction publique où le serment est prêté sur le Coran et où la profession de foi islamique est exigée. S’ils sont mariés, leur mariage est frappé de nullité et ils se retrouvent déchus de l’autorité parentale vis-à-vis de leurs enfants. Enfin, le droit d’être inhumé dans le respect de ses croyances ou de ses convictions n’est pas respecté. Les citoyens algériens présumés musulmans par la loi sont automatiquement inhumés suivant le rite musulman dans des cimetières musulmans, au mépris de leur conscience et de leurs dernières volontés.

La critique rationnelle de l’islam doit être garantie en Europe
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