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The persecution of Christians in Nigeria

Persecution of Christians in Nigeria

By ECLJ1625732357722

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Les ressortissants nigérians de confession chrétienne subissent de graves discriminations et violations de leurs droits, à la différence des autres citoyens nigérians. Un tel traitement est contraire aux droits fondamentaux des personnes reconnus universellement et garantis par de nombreux traités internationaux. Voici les principales raisons pour lesquelles la situation des chrétiens au Nigéria s’est détériorée ces dernières années.

Des raisons ethnoreligieuses

Le Nigéria, localisé à l’Ouest du continent Africain est bordé par le Tchad, le Niger, le Cameroun et le Bénin. Ce pays d’environ 212 millions d’habitants, où 46 % de la population est chrétienne[1], « reste en tête des pays qui comptent le plus grand nombre de chrétiens tués pour leur foi[2] ». D’après l’ONU, au cours des dix dernières années, le conflit marqué par les violences de Boko Haram a coûté la vie à quelques 27 000 civils[3].

Les rixes opposant chrétiens et musulmans au Nigéria, s’intensifient depuis plusieurs années. Ces tensions peuvent d’abord s’expliquer par la manière dont le territoire est occupé. En effet, deux zones aux climats très différents se disputent le territoire nigérian[4] ; au Nord, le climat tropical, au Sud, le climat équatorial. Le Nord connaît un climat sec, avec une seule saison de pluies et de fortes chaleurs. Ce type de climat est propice à l’élevage de bétail, vivant dans les savanes au centre du Nigéria. Le Sud connaît un climat équatorial, caractérisé par de fortes précipitations et une forte chaleur toute l’année. Cela favorise la création de forêts et de mangroves dans le delta du Niger et sur les zones littorales, mais défavorise l’élevage de bétail. De plus, la prolifération des mouches Tsé-Tsé au centre de l’Afrique[5], et donc dans la partie sud du Nigéria met à mal tout élevage, car celles-ci sont meurtrières pour les troupeaux.

La logique démographique est ainsi différente entre le Sud et le Nord. Les pasteurs constituent des groupes d’individus restreints et nomades ; au contraire, l’agriculture demande plus de bras et induit une démographie plus importante et sédentaire. Cela a contribué à créer deux ensembles tribaux, reconnus dans la Constitution du pays, avec souvent des relations conflictuelles. L’explosion de la croissance démographique du Nigéria, qui devrait atteindre selon les Nations unies, 400 millions d’habitants, vient perturber les vieux équilibres et exacerber les tensions existantes. D’autant plus que les nigérians vivent majoritairement dans la pauvreté avec environ 2 dollars par jour[6].

Les tensions religieuses sont bien une surinfection d’une situation de tension préexistante. La carte tribale se superpose avec la carte religieuse avec un Nord majoritairement musulman et un Sud chrétien[7]. Ainsi, les nigérians du Nord voient dans les chrétiens une menace économique et la présence de l’organisation terroriste Boko Haram intensifie la violence. Cette présence du groupe islamique dans cette partie du pays s’explique par sa proximité avec la zone sahélienne[8]. La majorité des attaques contre les chrétiens sont localisées dans la partie Nord du territoire[9], avec l’objectif d’éradiquer les chrétiens de cette partie du territoire. La présence au Sud du Nigéria de gisements pétroliers, représentant 80 % de l’économie nigériane ne semble pas avoir de liens avec les attaques anti-chrétiennes.

Un manque de réactions locales

La différence de traitement des habitants en fonction de l’endroit où ces derniers vivent est notable. Au Sud, les chrétiens jouissent de la liberté de culte, tandis qu’au Nord où la Charia est appliquée, « [les chrétiens…] subi[ssent] de terribles persécutions[10] » et sont considérés comme « des citoyens de seconde zone[11] ». Face à cette violence croissante, le gouvernement minimise les actes de persécutions et les actes barbaries. Pour lui, il n’est pas question de persécution des chrétiens au Nigéria mais bien de « conflits entre éleveurs et fermiers plutôt qu’un conflit religieusement motivé par des actes de terreur[12]».

Le gouvernement nigérian, et plus particulièrement son président, Muhammadu Buhari, est « ouvertement […impliqué dans] une politique anti-chrétienne qui a entraîné d'innombrables meurtres et la destruction de communautés chrétiennes vulnérables un peu partout dans le pays[13] », n’offrant aucun recours aux chrétiens encore présents au Nigéria. Cette politique s’oppose à la Constitution nigériane, qui consacre une égalité de traitement quel que soit l’ethnie et la religion de ses citoyens[14]. L’islamisation du territoire nigérian par l’adoption de la charia dans 12 États du Nord n’arrange pas la situation et encourage cette montée de violence.

Le terme « islam » ou « islamique » est présent vingt-huit fois dans la Constitution du pays, faisant mention de divers droits que confère la Charia. Au contraire, le mot « chrétien » n’est jamais mentionné. Il semblerait que cet état de fait trouve échos dans la négation des droits des chrétiens par le gouvernement nigérian. Cette situation est contraire au Pacte international relatif aux droits civils et politiques signé par le Nigéria le 29 juillet 1993[15]. En effet, l’articles 18 dudit pacte stipule que « toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ». L’article 27 poursuit en précisant que « dans les États où il existe des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques, les personnes appartenant à ces minorités ne peuvent être privées du droit d’avoir, en commun avec les autres membres de leur groupe, leur propre vie culturelle, de professer et de pratiquer leur propre religion[16] ». Or, « l’instruction religieuse chrétienne n’est plus autorisée dans certaines provinces du Nord. En revanche, les professeurs de religion islamique sont employés par l’État et rémunérés par des fonds publics[17] », ce qui est aussi contraire tant au Pacte qu’à la Constitution nigériane[18]. Ces fonds publics sont également utilisés dans la construction de mosquées, tandis que les chrétiens essuient de leurs côtés, refus sur refus lors de demandes d’achats de « terrains sur lesquels ils pourraient construire des églises[19] ».

a partialité des jugements du gouvernement est notable. Quelle que soit la nature des crimes ou le degré d’atrocités commises « les assaillants sont rarement arrêtés, encore moins traduits en justice[20] ». Selon l’ONG Portes Ouvertes, « 90 % des chrétiens tués en 2018 dans le monde l’ont été au Nigeria (3.731 morts sur le sol nigérian, contre 2.000 en 2017) ». La hausse des meurtres de chrétiens est donc non-négligeable, et serait orchestrée, toujours selon les dires de l’ONG, par « le groupe djihadiste Boko Haram et les éleveurs peuls[21] ». Ces organisations barbares éradiquent des villages chrétiens, en exécutant les hommes des villages, réprimant toute rébellion ou possibilité de contre attaque. Les femmes et filles qui se font enlever et subissent toutes sortes de violences physiques et sexuelles. Elles sont ensuite converties et mariées de force à des djihadistes. Parfois cependant, des négociations et la pression internationale donnent quelques résultats, comme en février 2017, où, après l’enlèvement de 110 écolières, 109 d’entre elles purent retourner dans leur village. La dernière, Leah Shabiru, est toujours détenue, après avoir refusée de se convertir à l’islam[22].

En 2018, des djihadistes se sont également attaqués à des résidences chrétiennes : « plus de 50 habitations avaient également été détruites ». Les lieux saints ne sont pas non plus épargnés, « en avril [2018], l’attaque d’une église avait fait 19 morts, dont 2 prêtres ». La situation ne s’est pas améliorée depuis. D’après Lela Gilbert[23], citant un article datant du 15 juillet 2020 : « 1202 chrétiens nigérians ont été tués au cours des six premiers mois de 2020[24] ». Les chrétiens vivent dans la peur constante d’être à leur tour, persécutés pour la seule raison de la pratique de leur culte. « Pas un jour ne passe sans qu’un SMS ne m’arrive en provenance de nos associés au Nigeria » annonçant de nouvelles victimes, témoigne Ann Buwalda[25]. Un cercle vicieux se renfermeraient sur les nigérians qui après avoir orchestré « [d]es attaques contre les chrétiens […se voient] parfois suivies [par] de[s] représailles à l’égard des musulmans[26] ».

C’est pour ces raisons que l’ECLJ intervient régulièrement auprès du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à Genève, par des déclarations écrites et orales, afin d’attirer l’attention internationale et de pousser le gouvernement du Nigéria à empêcher ces exactions.

Pour nous soutenir et soutenir ce combat, vous pouvez signer notre pétition plus bas.

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Annexe 1 :

Annexe 2 :

Annexe 3 :

Répartition religieuse au Nigeria

Annexe 4 :

Annexe 5 :

Annexe 6 :

 

[1] Représentant 95,4 millions d’habitants selon Portes Ouvertes, https://www.portesouvertes.fr/persecution-des-chretiens/profils-pays/nigeria-nord

[2] Claire Lesegretain, « 260 millions de chrétiens « fortement persécutés » dans le monde », La Croix, 15 janvier 2020.

[3] https://news.un.org/fr/story/2019/08/1048891

[4] Cf. cartes 1 et 2 en annexe.

[5] Cf. carte 2 en annexe.

[6] Mandana Parsi, « Nigeria : une jeunesse en mal de reconnaissance », rfi.fr, 13 octobre 2017.

[7] Cf. carte 3 et 4 en annexe.

[8] Cf. carte 5 en annexe.

[9] Cf. carte 6 annexe.

[10] Portes Ouvertes, Nigéria, https://www.portesouvertes.fr/persecution-des-chretiens/profils-pays/nigeria-nord

[11] Ibid.

[12] Traduit de l’anglais, AfricanOrbit News, The Persecution of Christians in Nigeria Demands Our Attention-Mike Pompeo, https://africanorbit.com/2021/06/10/the-persecution-of-christians-in-nigeria-demands-our-attention/

[13] Gatestone Institute, « QUE LE MONDE SACHE », le Génocide des Chrétiens au Nigéria, https://fr.gatestoneinstitute.org/15097/genocide-chretiens-nigeria

[14] Cf. articles 15 c et d, 17.3.b et 23 Nigeria_Constitution 1999, https://publicofficialsfinancialdisclosure.worldbank.org/sites/fdl/files/assets/law-library-files/Nigeria_Constitution_1999_en.pdf

[15] HCDH, Statut de ratification pour Nigéria, https://tbinternet.ohchr.org/_layouts/15/TreatyBodyExternal/Treaty.aspx?CountryID=127&Lang=FR

[16] HCDH, Pacte international relatif aux droits civils et politiques, https://www.ohchr.org/fr/professionalinterest/pages/ccpr.aspx

[17] AED, Nigeria : L’islamisation en marche, https://aed-france.org/nigeria-lislamisation-marche/

[18] Cf. articles 38.2 et 38.3 Nigeria_Constitution 1999, https://publicofficialsfinancialdisclosure.worldbank.org/sites/fdl/files/assets/law-library-files/Nigeria_Constitution_1999_en.pdf

[19] AED, Nigeria : L’islamisation en marche, https://aed-france.org/nigeria-lislamisation-marche/

[20] Portes Ouvertes, Nigéria, https://www.portesouvertes.fr/persecution-des-chretiens/profils-pays/nigeria-nord

[21] Voir également les cartes 2 et 3 en annexe concernant les groupes tribaux

[22] American Center for Law and Justice, The Persecution of Christians in Nigeria Demands Our Attention, https://aclj.org/persecuted-church/the-persecution-of-christians-in-nigeria-demands-our-attention

[23] Family Research Council, Lela Gilbert, The Crisis of Christian Persecution in Nigeria, https://www.frc.org/issueanalysis/the-crisis-of-christian-persecution-in-nigeria

[24] L'observatoire de la Christianophobie, Nigéria : plus de 1 200 chrétiens assassinés au premier semestre, https://www.christianophobie.fr/carte/nigeria-plus-de-1-200-chretiens-assassines-au-premier-semestre

[25] Gatestone Institute, « QUE LE MONDE SACHE », le Génocide des Chrétiens au Nigéria, https://fr.gatestoneinstitute.org/15097/genocide-chretiens-nigeria

[26] Info Chrétienne, Au Nigéria, « les conflits ethniques et religieux sont entrelacés », https://www.infochretienne.com/au-nigeria-les-conflits-ethniques-et-religieux-sont-entrelaces/

Pétition :

Defend Religious Freedom
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