
En Algérie, les chrétiens se trouvent dans un flou juridique entretenu à dessein par le gouvernement. En effet, ce dernier utilise un double discours qui consiste à garantir la liberté de culte dans sa Constitution sans pour autant garantir la liberté de conscience, et tout en rappelant la primauté de l’islam. Les chrétiens se retrouvent ainsi dans une zone grise : officiellement libres de pratiquer leur foi, ils sont concrètement dépendants de décisions administratives opaques qui restreignent beaucoup l’exercice du culte et l’expression religieuse. La situation des protestants évangéliques inquiète particulièrement : depuis janvier 2025, la fermeture administrative de la quasi-totalité de leurs églises est effective. La suppression de la liberté religieuse touche aussi spécifiquement la communauté chrétienne de Kabylie. Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de restrictions des libertés publiques en Algérie. L’oppression des chrétiens en Algérie ne saurait être appréhendée comme une série d’incidents isolés, mais bien comme le produit d’un système juridique et administratif restrictif, incompatible avec les standards internationaux relatifs à la liberté de religion, de conscience et d’expression.