Markus Wiechel est Membre du Riksdag (Parlement de la Suède) et membre de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE). Il a récemment introduit une déclaration écrite à l'APCE : "La destruction intentionnelle par les forces militaires azerbaïdjanaises d’églises et d’autres lieux de culte arméniens, y compris après le cessez-le-feu de novembre 2020" (texte sous l'article). Cette déclaration a été cosignée par des députés de tous les groupes politiques et de nombreux pays. L'Azerbaïdjan et l'Arménie sont tous deux des États membres du Conseil de l'Europe. M. Wiechel a accepté de répondre à nos questions.
ECLJ : Pourquoi avez-vous pris l'initiative de cette déclaration écrite ?
Markus Wiechel : "Nous avons été témoins de tant de crimes de guerre dans le conflit entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie et j'ai été choqué de constater le manque de réaction des divers pays européens lorsque d'importants sites chrétiens et culturels ont été attaqués. J'ai simplement pensé que quelqu'un devait agir pour soulever cette question importante et l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe m'a semblé être l'endroit idéal."
ECLJ : Quel impact attendez-vous sur l'Azerbaïdjan ?
Markus Wiechel : "J'ai déjà reçu des commentaires critiques d'un certain nombre de collègues azerbaidjanais, ce à quoi je m'attendais. J'espère que le gouvernement azerbaidjanais considérera cette déclaration comme un rappel que les yeux des parlementaires de toute l'Europe sont braqués sur lui. Ils doivent savoir que l'initiative est soutenue par bien plus que des signatures officiellement jointes à la déclaration et qu'elle est soutenue par des collègues de diverses affiliations politiques."
ECLJ : Que peut faire le Conseil de l'Europe pour protéger les églises arméniennes ?
Markus Wiechel : "J'espère vraiment que la déclaration soulèvera la question au sein des différents parlements nationaux, mais aussi, bien sûr, auprès des représentants les plus influents du Conseil de l'Europe. Rien qu'en en parlant, nous montrerons aux auteurs de ces actes que les observons et que leurs actions auront des conséquences. Lorsque nous assistons à des destructions intentionnelles d'églises ou d'autres sites religieux ou culturels importants, nous devons être en mesure de faire pression pour que des actions répressives soient menées en réaction."
Déclaration écrite No. 722, 11 Mai 2021: “La destruction intentionnelle par les forces militaires azerbaïdjanaises d’églises et d’autres lieux de culte arméniens, y compris après le cessez-le-feu de novembre 2020"
Nous, soussignés, déclarons ce qui suit:
Nous rappelons la mission essentielle du Conseil de l'Europe que représente la conservation du patrimoine architectural exceptionnel de l’Europe, qui s’est manifestée au travers de plusieurs conventions au fil des décennies, comme la Convention de Grenade pour la sauvegarde du patrimoine architectural de l’Europe de 1985. Dans ce traité, qui a été ratifié par la quasi-totalité des États membres du Conseil de l’Europe, y compris l’Azerbaïdjan et l’Arménie, les parties s’engagent à «éviter que des biens protégés ne soient défigurés, dégradés ou démolis», notamment les lieux de culte.
Nous sommes donc consternés par le fait que, malgré ces éléments, les forces militaires azerbaïdjanaises ont délibérément détruit, peut-être avec la complicité de troupes spéciales turques, plusieurs églises et autres lieux à caractère chrétien dans les zones remises par l’Arménie à l’Azerbaïdjan, même après le cessez-le-feu de novembre 2020 intervenu dans le conflit qui oppose les deux parties au sujet du territoire du Haut-Karabakh et de certaines autres zones voisines.
Nous appelons les autorités azerbaïdjanaises et toute autre personne concernée à éviter toute nouvelle violation de la Convention de Grenade du Conseil de l’Europe, dans un souci d’apaisement des tensions dans la région et de création de conditions plus propices à une coexistence religieuse pacifique et au développement.